Aujourd’hui nous avons la possibilité de changer le destin d’Onex pour une meilleure mixité sociale et économique à travers le plan directeur cantonal 2050 qui est en cours d’élaboration.
Le Centre a un rôle déterminant à jouer pour le futur de la commune et changer le narratif sur Onex.
Comment l’État a scellé le sort d’Onex
Face à la pénurie de logements des années 50, le Canton identifie Onex parmi plusieurs autres sites pour réaliser des habitations. «La présence d’une grande plaine proche du Rhône et pas très éloignée de la ville motive l’État à y construire la Cité-Nouvelle», rapporte l’historien Eric Golay, auteur du livre «Onex, 1851-2002». En 1959, le Conseil municipal accepte le projet.
Ce vaste quartier, planifié selon les principes du modernisme, voit le jour entre 1960 et 1970. Il transforme radicalement le paysage et la typologie des habitants. En dix ans, le nombre de résidents passe de 1000 à 15’000.
Nouvelle population
«La réalisation des nouveaux édifices crée une division physique et sociale dans la commune entre les anciens habitants et les nouveaux venus. Les premiers sont principalement des paysans et des notables d’origine genevoise, fribourgeoise ou valaisanne, qui résident en grande partie à l’ouest de la route de Chancy, dans ou proche du vieil Onex», détaille Eric Golay.
Les seconds emménagent dans la cité et sont principalement issus de l’immigration espagnole, italienne ou encore polonaise. Nombre d’entre eux sont des ouvriers qui ont œuvré à la réalisation du nouveau quartier et sont restés pour y habiter.
Malgré ces différences, la commune parvient au fil des ans à se créer une nouvelle identité. «Les habitants sont heureux de résider dans ce complexe, relève l’historien. Une réelle ambiance de quartier voit le jour avec une vie associative riche, encouragée par la Mairie.»
Une production de richesse mal répartie
Alors qu’Onex affiche une forte population, mais très peu d’entreprises, l’essor de la zone industrielle de Plan-les-Ouates prend une nouvelle ampleur dans les années 90. L’ouverture de l’autoroute de contournement en 1993 crée un appel d’air en permettant de relier la zone à l’aéroport et à la ville.
Les importants revenus fiscaux engendrés par la Mairie lui permettent de poursuivre sa politique de maîtrise foncière. Elle réalise quatre immeubles dans le quartier des Sciers et en construit actuellement deux au Rolliet.
La volonté de changer les choses
Du côté d’Onex, l’état des finances communales a incité les différentes majorités politiques à être beaucoup plus prudentes en matière d’acquisition foncière et de construction de logements. Conscientes des conséquences que le manque d’entreprises sur son territoire fait peser sur ses finances, les autorités ont toutefois emprunté un virage ces dernières années.
En votant par exemple l’achat d’une parcelle dans le futur quartier de Pré-Longet l’année dernière, afin de s’assurer de l’installation de futurs commerces dans le quartier.
La Commune espère donc corriger le tir en augmentant le nombre d’entreprises sur son territoire, mais sa marge de manœuvre reste faible. Deuxième bénéficiaire de la péréquation intercommunale après la Ville de Genève, elle devrait rester dépendante de ses consœurs historiquement plus favorisées encore longtemps.